Éditorial

EADO Congrès
Marseille, du 28 au 31 octobre 2015

 

Une fierté pour la France ! Le congrès de l’European Association of Dermato Oncology est organisé à Marseille sous la présidence du Professeur Jean-Jacques Grob, le comité d’organisation s’enrichissant de la présence de la présidente de la SFD, Marie-Aleth Richard. En même temps a lieu le 8e World Meeting of Interdisciplinary Melanoma/Skin Cancer Centers. C’est bien entendu le mélanome qui va encore tenir la vedette, comme dans tous les congrès de cancérologie des dernières années. Les possibilités thérapeutiques se multiplient, avec des résultats de plus en plus encourageants de nouveaux médicaments ou de combinaisons de molécules déjà disponibles. Plusieurs sessions sont consacrées aux nouvelles molécules et aux nouveaux essais cliniques, mais aussi aux traitements adjuvants qui restent pour l’instant dans l’ombre du traitement du mélanome avancé. La thérapeutique n’est pas faite que de thérapies ciblées et implique bien entendu la chirurgie, qui fera l’objet d’une session spécifique. En complément, le bilan morphologique et les algorithmes de surveillance sont indispensables à évaluer, puisqu’on a de plus en plus de traitements efficaces.

Si les dermatologues se sentent parfois un peu loin de l’essai clinique et des traitements hospitaliers, ils sont au premier plan pour le dépistage et la prévention, et des communications sont consacrées à ces thèmes. L’épidémiologie n’est pas en reste, avec l’étude des facteurs de risque, les éléments moléculaires du pronostic et de la réponse immunitaire. Les pathologistes non plus ne sont pas oubliés, car on sait les difficultés qu’il peut y avoir à différencier un mélanome de lésions frontières comme le naevus de Spitz. D’autres sessions sont dédiées à la physiopathologie, avec notamment la génétique du mélanome, le rôle des UV et de la vitamine D. La majorité du congrès porte sur le mélanome, mais bien d’autres tumeurs préoccupent les dermatologues, notamment les lymphomes, les carcinomes et les lésions pré carcinomateuses comme les kératoses actiniques. Chacun trouvera donc des informations selon ses centres d’intérêt.

Pour la première fois dans l’histoire de la dermatologie, le mélanome occupe le devant de la scène comme il ne l’a jamais fait jusqu’à présent. Les progrès sont réels, mais n’ont pas encore modifié complètement le pronostic de la maladie. C’est tout l’enjeu des congrès présentant de nombreuses nouveautés thérapeutiques : faire naître l’espoir, mais pour le thérapeute, rester dans la réalité du soin et dans les possibilités offertes aux patients aujourd’hui dans ou en-dehors des essais cliniques.

Professeur Bernard Cribier

Dermatologue - CHU de Strasbourg

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Brèves

En direct du congrès

 

Mélanome métastatique résécable chirurgicalement : faut-il encore opérer ou introduire une nouvelle thérapeutique aussi vite que possible ?

Avec l’arrivée de nouvelles thérapies efficaces, le dogme de placer la chirurgie, lorsqu’elle est réalisable, avant tout autre traitement est remis en question. Weid a montré en 2012 que les taux sériques de LDH et de S100B prédisent de façon indépendante la survie des patients ayant un mélanome métastatique [...]

Faut-il réaliser un curage ganglionnaire après ganglion sentinelle positif ?

Le problème majeur dans la mise en place d’études répondant à cette question est la grande variabilité du bénéfice d’un curage ganglionnaire, très dépendant de la qualité du curage ganglionnaire réalisé par le chirurgien et de celle de son analyse par le pathologiste [...]

Génétique et mélanome

La plupart des mélanomes familiaux (MF) sont dus au gène de forte pénétrance CDKN2A (1 % à CDK4), mais environ 40 % des MF restent inexpliqués. Pour mémoire, 4 facteurs sont associés à une augmentation de fréquence des mutations CDKN2A [...]

Interviews

Découvrez très prochainement, les vidéos de nos experts !

Attention, ceci est un journal en ligne de congrès et/ou un recueil de résumés de communications de congrès dont l'objectif et de fournir des informations sur l'état actuel  de la recherche ; ainsi, les données présentées sont suceptibles de ne pas être validées par les autorités de santé françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.